Revue de presse
Au
nord de Marseille, une pépinière culturelle entre béton
et mauvaises herbes
Dimanche 27 mai 2007
Sous les barres d'immeubles grises, abandonnées ou rénovées,
les femmes assises, pieds dans la poussière et foulard sur
la tête, papotent. Autour d'elles, la petite classe des enfants
turbulents court et piaille. Plus loin, les ados bavardent, l'oeil
discrètement tourné vers l'événement.
Avec trois sous et un coeur énorme, on inaugure ce soir la
pépinière de Plan d'Aou, du nom de la cité où
se passe la chose.
Belle et pauvre pépinière : fruit d'un long travail,
elle se réduit à une ombrière rudimentaire protégeant
de l'ombre quelques douzaines de pots de pousses de carottes, de persil,
d'orangers ou de cyprès. Deux enfants expliquent fièrement
comment ils viennent, avec l'école maternelle, "arroser
leur jardin". Sur les tables, on lit un nom étrange pour
un pépiniériste : Compagnie Cosmos Kolej. (...)
Michel SAMSON
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Journal de la Friche
avril 2006
Nouveaux territoires de l’art et de
l’urbanité
Eclairages
La Gare Franche de Znorko.
Wladyslaw Znorko n’a de cesse d’entraîner
les spectateurs-voyageurs dans les faubourgs de son imaginaire. Sa
troupe, le Cosmos Kolej, est désormais physiquement implantée
dans les périphéries urbaines. La compagnie a acheté,
dans les quartiers Nord de Marseille, un vaste espace composé
d’une usine, d’une maison et d’un terrain. Une Gare
Franche, lieu de passage et de fabrication d’aventures artistiques
décalées, dans un quartier relégué, trop
souvent considéré comme une voie de garage pour tous
ceux qui ont raté le train de la réussite économique
et sociale. La Gare Franche est située dans le quinzième
arrondissement de Marseille, dans une zone charnière, entre
le village de Saint-Antoine et la cité du Plan d’Aou.
Cette Zone Urbaine Sensible (ZUS) est en pleine mutation et s’inscrit
dans le Grand Projet de Ville (GPV).
Ce projet pour le moins atypique s’est petit à petit
fondu dans son environnement. (...)
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Les Boutiques de Cannelles
Samedi 19 novembre 2005
Des morts-vivants plutôt hilares
Le Cosmos Kolej de Wladyslaw Znorko joue une pièce
de Bruno Schulz, les Boutiques de cannelle.
« N’oublie pas que tu es mort », glisse du coude
la mère, à Jacob son mari, pourtant hilare. Déjà
mort, comme elle, mais bien vivant sur scène. Il s’agit
moins d’un emprunt à Tadeusz Kantor qu’à
Bruno Schulz. Lui aussi Polonais, auteur des Boutiques de cannelle,
nouvelle dont est tirée cette pièce éponyme créée
par le Cosmos Kolej aux Subsistances à Lyon. Puis présentée
au Glob à Bordeaux, dans le cadre de Novart. « Les Boutiques
de cannelle donnent une certaine recette de la réalité.
Sa substance est en état de fermentation incessante, de germination,
de vie secrète. Il n’y a pas d’objets morts, durs,
limités », pensait Schulz. Et au-delà l’idée
que « la réalité prend certaines formes seulement
pour l’apparence ». Ce dont on peut jouer au théâtre.
Comme le fait Wladyslaw Znorko, avec gourmandise (...)
Hugo LATTARD
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Les
Boutiques de Cannelles
Jeudi 26/01/2006
Le petit monde rêvé de Bruno
Schulz
Wladyslaw Znorko ressuscite l'univers de l'écrivain
polonais, auteur des «Boutiques de Cannelle».
Wladyslaw Znorko est un poète. Un rêveur impénitent,
doublé d'un conteur fabuleux, fabriquant d'histoires extraordinaires.
Depuis quelque vingt ans, ce fils d'immigré polonais (un ancien
de la légion Anders !), grandi dans le Nord de la France et
installé aujourd'hui sous le soleil de Marseille, invite le
public à le suivre sur les voies incertaines d'un univers à
la lisière de l'irréel et du réel (...)
Didier MÉREUZE
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Les
Boutiques de Cannelles
Mardi 31 janvier 2006
L'armoire aux songes
Théâtre. Les voilages qui ondulent comme vagues frémissantes.
Le bois brut, presque gris d'avoir trop vécu.
Une maison, une armoire. Une fenêtre. Dedans-dehors, ici, cette
distinction n'a pas lieu d'être.
Une femme un peu ronde et un homme assez maigre, jambes nues sous
la jaquette de son habit... Bruit incessant des sabots des chevaux
sur le pavé. Lumières qui changent.
Apparition d'autres personnages. Retrouvant l'univers de Bruno Schulz
qu'il aime profondément et connaît, Wladyslaw Znorko
propose, après Le Traité des mannequins, une adaptation
des Boutiques de cannelle, premier des textes publiés par l'écrivain
de Drohobycz (Galicie autrichienne lorsqu'il naît, en 1892,
Pologne après 1918). L'écriture remonte aux années
trente (...)
Armelle HÉLIOT
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Les
Boutiques de Cannelles
Samedi 18 Février 2006
Dans le dédale des souvenirs
d'enfance
On est un peu désarçonné au début par
cet assemblage hétéroclite et bizarre de scènes
de rues, qui s'enchaînent en désordre.
Et puis, on se laisse tout doucement happer par la magie de ces tableaux,
accrochés entre rêve et réalité sur le
mur des souvenirs d'enfance.
La mise en scène de Znorko restitue à merveille l'univers
de Bruno Schulz.
>
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Pierre BIGOT
Les
Boutiques de Cannelles
Jeudi 26 janvier 2006
Théâtre : de Schultz à
Labiche
Des spectacles en scène au menu de Tout arrive
!, dans ses deux parties.
C'est la façon dont Wladyslaw Znorko a porté le polonais
Bruno Schultz sur les planches qui nous occupe d'abord. Un texte qui
n'est pas de théâtre à l'origine, mais nous met
ici "le pied à l'étrier pour l'émerveillement",
dans une certaine démesure. Wladyslaw Znorko.
Il met en scène Les boutiques de cannelle. David
Bursztein. Il est comédien dans Les boutiques
de cannelle.
>
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Les
Boutiques de Cannelles
Théâtre / Déambulation nocturne "Les boutiques de cannelle",
une des oeuvres majeures de l'auteur juif polonais Bruno Schulz, nous
fait pénétrer avant tout dans son univers visionnaire
et onirique.
Michèle LÉVY-TAÏEB
>
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PENSEE RUSSE
N° 2 (4583), (19-25 janvier 2006)
« Elle est notre gardienne de la mélancolie
slave »
Du 9 janvier au 6 février, au théâtre de la Cité
Universitaire, la troupe du « Cosmos Kolej » de Wladyslaw
Znorko présente le spectacle « Les boutiques de cannelle
».
On dit volontiers que Wladyslaw Znorko et sa compagnie ambulante du
« Cosmos Kolej » ont créé un « théâtre
onirique » et, en effet, le monde des spectacles de Znorko est
absolument singulier ; on ne peut le confondre avec quoi que ce soit
d’autre. Il y règne la liberté d’improvisation
d’un théâtre de foire qui échappe à
la logique cartésienne pour se placer sous le signe d’une
vérité éphémère, vue à travers
le prisme des rêves étranges et excentriques d’un
poète.
Ektarina BOGOPOLSKA
>
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Les
Boutiques de Cannelles
Vendredi 3 février 2006
Théâtre : Rêves d'enfants
Il y a bien des voilages sur les cotés de la scène mais
pas véritablement une séparation entre un dehors et
un dedans de l'action dans cette adaptation théâtrale
du texte de Bruno Schulz, Les Boutiques de cannelle, par le metteur
en scène et scénographe Wladyslaw Znorko (...)
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Les
Boutiques de Cannelles
Dimanche 22 janvier 2006
Tempête sur les planches
Les Boutiques de Cannelle
Inspiré de Bruno Schulz
Mise en scène et scénographie Wladyslaw Znorko
Wladyslaw Znorko est l’un des metteurs en scène les plus
énigmatiques. Est-il un peu polonais ou pas du tout ? Ses spectacles
ont une fibre polonaise, mais tout ce qu’on sait avec certitude
c’est que son fameux voyage initiatique, tout à fait
réel, l’a conduit en Irlande. Depuis, il fait des spectacles
"polonisant" alors que sa tête fait plutôt péruvienne,
mais c’est juste un look (...)
Thomas de Hambourg / Radio Libertaire
>
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Samedi
12 novembre 2005
NOVART 2005
« Les Boutiques de cannelle »
Boutiques dites « de cannelle » car dans ces ruelles polonaises
le bois des devantures jaunit et se parchemine comme un rouleau de
cet épice ambré : métaphore bienvenue puisqu'elle
résume le sujet d'un spectacle parlant de métamorphoses.
Entre rêve et réalité, la poésie de Bruno
Schulz abolit toute logique et réinvente le monde : face aux
vitrines du magasin, au fond de l'arrière boutique, dans des
coulisses de voiles transparents... c'est la vie qui valse. Inutile
de chercher ici une histoire - il y en a cent -, et si l'on veut se
référer à d'autres créations pour qualifier
cette fantasmagorie, c'est aux délires du cinéma de
Kusturica que l'on pense. Ou aux peintures de Chagall.
Après « Le Traité des mannequins », également
vu au Glob il y a quelques années, cette nouvelle mise en scène
de Wladyslaw Znorko est un enchantement (...)
Jean-Noël CADOUX
>
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Les
Boutiques de Cannelles
Vendredi 18 novembre 2005
Fantômes souriants
La force des images.
Wladyslaw Znorko présentait sa dernière création,
«Les boutiques de cannelle», au centre culturel de Bergerac.
Un spectacle comme une fugue. Une remontée dans le temps, légère
et souriante. C'est ce que propose Wladyslaw Znorko dans sa dernière
création, « Les boutiques de cannelle », donnée
mardi et mercredi au centre culturel de Bergerac, en partenariat avec
le Melkior Théâtre.
Humour et absurde. Wladyslaw Znorko adaptait deux nouvelles de l'écrivain
polonais Bruno Schulz, retrouvant là un univers qui lui est
familier. Une famille de commerçants s'en va au théâtre,
toute endimanchée (...).
Chantal GIBERT
>
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& Toiles
Theatretoiles.net
1er Février 2006
LES BOUTIQUES DE CANNELLE de Bruno SCHULZ
THEATRE de la CITE INTERNATIONALE
Mise en scène et scènographie : Wladyslaw Znorko.
avec : David Bursztein, Elisabeth Ernoult, Emiliano Suarez ou Henri
Devier, Irina Vavilova, Jean-Pierre Hollebecq, Bruno La Brasca, Antonella
Amirante.
Dans le fond de scène une batisse en bois qui symbolisera la
maison qui est la leur mais également le théâtre
où ils vont se rendre et de chaque côté de l'espace
scènique de grands rideaux de voiles blancs ...
Le père tout de noir vêtu arrive accompagné de
son opulente épouse, lui fluet, elle imposante, la tête
surmontée d'un chapeau que nous qualifierons de fruitier. Le
fils va les rejoindre car il s'agit d'assister à une représentation
théâtrale où une fois arrivé sur place
le père constatera avoir oublié son porte monnaie et
enverra le fils le récupérer. Situation surréaliste
car en réalité, le père est mort. Son rejeton
pourtant adulte, se livrera alors la nuit durant, à un remake
d'école buissonnière (...)
Scymone Alexandre
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Les Boutiques de Cannelles
Semaine du 25 janvier au 31 janvier 2006
Rêveur
Les Boutiques de Cannelle
Avec le texte du polonais d'adoption Bruno Schulz (exécuté
par un SS en 1942), le metteur en scène Wladyslaw Znorko démontre
une fois de plus son savoir faire onirico-esthétique dans l'évocation
d'un monde et d'une ambiance, en l'occurrence celle d'une bourgade
polonaise au début du siècle (...)
Charlotte LIPINSKA
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L'hymne
à la vie des engloutis du Koursk
THEATRE. Wladyslaw Znorko signe un spectacle envoûtant, confondant
le réel et l'irréel.
KOURSK de Wladyslaw Znorko
Le 12 août 2000, au matin, le sous-marin nucléaire russe
Koursk était victime d'une explosion dans la mer de Barents.
Une partie de l'équipage périt aussitôt. Les survivants
se réfugièrent dans les compartiments 6, 7 et 8 : 23
hommes sur les 118 à bord. Les autorités russes attendront
plusieurs jours avant d'agir. Quand les premiers secours pénétreront
dans l'épave, deux mois plus tard, ils ne trouveront que des
cadavres. C'est à ces morts que Wladyslaw Znorko et la compagnie
du Cosmos Kolej rendent hommage (...)
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article et d'autres articles de la période 1996/2004
Didier MÉREUZE, La Croix, vendredi 13 février 2004
CAHIER
SPECIAL, samedi 31 janvier 2004, Marseille.
Le soleil ne fait pas tout.
Ils sont venus, attirés par le rêve d'une ville méditerranéenne
en mutation, mais la réalité secoue parfois les néo-Marseillais.
Coup de dés.
Wladyslaw Znorko est un nomade par nature. Il a pourtant installé
ses pénates à la Joliette depuis deux ans, à
quelques enjambées de l'embarcadère pour la Corse et
le Maghreb. Marseille, parce que ça ressemble à Roubaix,
là où il est né, parce que c'est la ville qui
a vu le plus grand nombre de ses pièces de théâtre
et parce qu'au guichet d'une administration on ne lui demande pas
de répéter son nom. Znorko n'aime pas le soleil ni la
plage, mais la cité s'accorde bien à son sens du lyrisme,
entre Zola et Conrad (...)
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Valérie SIMONET, Libération,
Cahier Spécial, samedi 31 janvier 2004 Une
fabrique à rêves
Enclavée entre le plan d’Aou, une cité sensible
et le village de St Antoine, la Gare Franche est un espace culturel
hors normes fondé par le créateur de spectacle Wladyslaw
Znorko.
Le domaine, nommé en référence à sa compagnie
Le Cosmos Kolej (chemin de fer des étoiles en Polonais) est
constitué d’une vieille usine désaffectée
en voie de réhabilitation et d’une bastide ancestrale
aux allures de petit château fort. Il s’apparente à
un carrefour d’échanges et de réflexions sur le
spectacle vivant, accessible au public : une visite guidée
de site est organisée gratuitement tous les mardis sur rendez-vous
(...)
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Marseille insolite et secret, de Eléonore
Desurmont, 256 p (2004), Editions : Jonglez
L'endroit
est improbable.
Investissant les lieux, la compagnie achète en juillet dernier
bastide et vieille usine. Son idée : en faire un lieu de rencontre,
de création et de réalisation artistique.
Un lieu pour les compagnies d'ailleurs, mais aussi pour les habitants
du village de Saint-Antoine et du Plan d'Aou.
"Nous souhaitons nous inscrire dans un territoire, explique Gwénaelle
Groussard, administratrice de la compagnie. L'intégration va
dans les deux sens. A nous de nous intégrer ici, au quartier
d'intégrer nos projets. La gare est un lieu de vie, de passage."
Concrètement, le maître mot ici, c'est "ouverture".
Comme celle que la compagnie compte faire dans un mur de la gare franche,
pour que le chemin vers la bastide soit direct. Comme casser le mur
qui enferme le jardin et le sépare du Plan d'Aou. Au carrefour
de deux lieux de vie, la compagnie se veut trait d'union entre habitants
et artistes (...)
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Métro, 29/01/2004
Wladyslaw
Znorko a installé sa troupe dans la cité phocéenne
Le ch'ti marseillais
Après vingt ans de tournées, le metteur en scène
roubaisien et son Cosmos Kolej ont posés leurs décors
en lisière des quartiers nords de Marseille. Et la greffe a
pris.
"Ici, à Marseille, je me sens totalement dans mon élément.
Et c'est bien le seul endroit où personne ne me fait jamais
répéter mon nom. Ailleurs, quand je me présente
: "Bonjour je suis Wladyslaw Znorko", on me répond
: "à vos souhaits" (...)
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Télérama, Sophie Cach, mars
2003
Les
saisons
Denis Lavant magnifie l'onirisme sombre de Saisons, roman de Maurice
Pons porté à la scène par les Cosmos Kolej.
D'abord il y a ce souffle auquel on répond par la fascination.
Un univers où s'agitent des personnages désaccordés,
flirtant avec l'outrance. Si leur folie déroute plus qu'une
autre, c'est qu'elle semble parfaitement assumée. Une folie
si particulière à la compagnie Cosmos Kolej. Sous la
houlette du metteur en scène Wladyslaw Znorko, celle-ci n'en
est pas à sa première étrangeté : qui
a déambulé, par exemple, autour de leur spectacle le
Traité des mannequins saura bien quelle vitalité sombre
on tente ici de mettre en mots. C'est que, précisément,
les Cosmos Kolej veulent leur théâtre universel : le
trouble qu'ils suscitent ne doit pas en passer par des nuées
de phrases, et ce, même quand Wladyslaw Znorko entreprend de
porter à la scène le roman les Saisons, de Maurice Pons
(la pièce fut créée à la Passerelle, à
Gap) : un opus dont le metteur en scène, semble-t-il, s'est
attaché à recueillir la quintessence de l'amertume qu'il
renferme. De là, des images fortes, mouvementées, où
l'on s'enfonce tête baissée. Avant le vacarme de la pièce,
une fumée blanche dévore l'espace, voilant d'incertitude
la perception du spectateur et enveloppant de menace la gare en tôle
où, autour d'une matrone aux yeux charbonneux, des individus
de tous âges grognent, pestent, se rudoient enfin. Bizarrement,
dans cet estaminet, le nombre des buveurs et les brumes d'alcool ne
parviennent pas à faire chaleur. Chacun ici semble étranger
à lui-même, peut-être arraché à des
racines qu'il aurait oubliées. L'alcool réchauffe ici
surtout les veines, y compris celles de deux douaniers stupides à
souhait. D'abord, donc, un univers aux fortes effluves oniriques...
Ensuite, pour porter à son comble cette atmosphère,
ce drôle de désouvrement, il y a tout le talent de Denis
Lavant. Dévalant l'escalier longeant le public, il bondit,
trublion désenchanté, philosophe perdant le fil de sa
pensée. Une drôle de chapska enfoncée de travers
sur le crâne, la voix éraillée, Denis Lavant court
et gigote, pantin désarticulé, il court jusqu'à
tomber, se blesse le pied. L'acteur, il est vrai, fut d'abord formé
au mime et à l'acrobatie. Son corps semble de caoutchouc, ses
chutes sont véritables. Aucune feinte ici, aucun frein. Denis
Lavant est Siméon pour de bon. Personnages et spectateurs restent
bouche bée devant cette entrée si fantastiquement physique
: plus tard, il ira jusqu'à frapper le sol de son corps, comme
si la pesanteur lui devenait trop douloureuse, comme si le corps de
l'acteur était vrillé de toutes les meurtrissures de
l'âme de son personnage. Siméon, pathétique par
cette manière d'ériger en mission salvatrice son travail
d'écriture, pitoyable quand il implore le regard des autres
sur sa douleur, est venu trouver refuge - ou échoue par hasard,
on ne sait - dans ce village suintant l'humidité et le désouvrement.
Où il demande gîte et couverts, bravant les ricanements
de ses hôtes. Siméon, entre gémissements et élans
d'optimisme aussi brefs qu'excessifs, se réduirait à
un illuminé s'il ne portait en lui un vrai traumatisme (il
perdit sa sour, carbonisée) et si Denis Lavant, sans mesure,
ne jouait pas ici avec sa peau. Seul contre les autres personnages,
sorte de magma hostile et sordide qui veut l'héberger au rabais,
Siméon se niche au sommet de la gare, et ressasse son livre
à venir et sa solitude, que seule une idylle ardente, mais
silencieuse, viendra troubler. Autour de Siméon, la folie gronde,
banale. Un environnement tranquillement infernal : on veut enterrer
vivante une mendiante sud-américaine ; la tenancière
du bar est une sorcière vicieuse aux breuvages dangereux ;
enfin, Siméon sera chargé du pluviomètre, tâche
ingrate dans cette enclave privée de soleil. Aussi, au personnage
comme à l'acteur, il en faut de la vigueur pour dessiner la
lutte, fût-elle vaine. Denis Lavant lui confère une ténacité
rare, suffocante, anarchique en beauté, mais jamais en proie
à l'essoufflement : une énergie du corps, décrite
plus haut, et une autre du verbe qui, bien que rare, doit être
raboté, usé. Un procédé de la redite cher
aux Cosmos Kolej dont tous les acteurs, d'ailleurs, s'emparent avec
justesse : marteler comme pour se convaincre de l'inanité ou
de l'horreur que les termes désignent. " C'est pourri
", répète-t-on à Siméon, en lui montrant
son pied blessé ! Des mots dits maintes fois, des syllabes
aiguës, d'où finissent par s'élever des cris. Des
sons mi-animaux, mi-humains. Des bribes d'impuissance soudain emportées
par la vocifération plus rauque de la musique, un rock puissant
aux accents slaves. Et le " malaise émerveillé
", évoqué par Maurice Pons, de s'imposer à
nous.
Aude Brédy, L’humanité
hebdo, 7 et 8/12/2002
Le théâtre du Cosmos Kolej n’est pas un théâtre
conventionnel. Depuis son origine, ses personnages nous dévoilent,
dans le secret de vieux dépôts, leurs rêves troubles
peuplés d’enfants boiteux, de feraille, d’ampoules
à filament et de trains charriant d’éternels vagabonds
en quête de quelque embrasement de l’histoire comme improbable
fête. Ce théâtre visionnaire cultive avec méthode
l’art d’égarer le spectateur-voyageur dans les
faubourgs de son imaginaire
Magdalena Czerniewska
Les
fantômes réveillés de la mémoire de Znorko
ne parlent pas - en tout cas, pas comme les vivants. Ce qui parle,
ce sont les images, violentes, superbes, fulgurantes, fantasques.
Toute en poésie rare et en tendresse grave. Laissant surtout
la porte ouverte à l’imaginaire de chacun dans le passage
d’un autre côté du miroir d’où surgissent
des secrets intérieurs qu’on ne croyait pas.
Didier Méreuze, La Croix
Wladyslaw
Znorko ne se raconte pas comme tout le monde. On le dirait tombé
d’une autre planète. Rien dans son propos ne le rattache
à tel ou tel courant théâtral. Il semble avoir
grandi à part, dans son coin, sans vraiment se préoccuper
des autres. Il fait du théâtre instinctivement et à
travers ses réalisations, il refait le chemin de la découverte
du monde extérieur, comme lorsqu’il était petit
et qu’il s’aventurait à pied ou à bicyclette
chaque jour un peu plus loin de sa maison, de son jardin, de sa rue.
Caroline Jurgenson, Le Figaro
À
la gare du coucou suisse
C'est la première fois que Znorko s'adresse aux enfants. Il
le fait avec sincérité. Et émotion."Ce spectacle
est le fruit d'une commande, aussitôt acceptée, mais
qui m'a, tout aussitôt, donné un trac fou ; que raconter
aux enfants ? Une histoire ? Un conte ? On les prend la plupart du
temps pour des nigauds... A travers cette fugue d'un couple de jeunes
débutants amoureux dans un train de marchandises cloué
à quai, j'ai très simplement cherché à
leur dire que leur désarroi est assi le mien. Et, en particulier,
que les malentendus qui boulersent les relations entre garçons
et filles sont tenaces puisque, à l'âge adulte, ou supposé
tel, hommes et femmes ne parlent toujours pas le même langage.
Il y a du texte cette fois, mais un texte sans verbe, sans verbe conjugué
en tout cas, tant les personnages ont du mal à se conjuguer
eux-mêmes, c'est-à-dire à s'aimer et se le dire.
De tous mes spectacles, c'est celui que je préfère,
peut-être parce que je le sens très proche de ce que
je suis..."
Marielle Créac'h, Lyon Poche , 19/1/2000
À
la gare du coucou suisse
Le remarquable spectacle de Wladyslaw Znorko, gorgé d'émotion
et de vérité, a aussi captivé le tout public.C'est
un modèle du genre. Avec très peu de mots et grâce
à une performance corporelle des comédiens qui s'aiment,
rêvent, se disputent et s'enthousiasment, ce spectacle dit à
merveille l'emportement, la peur et le désir de l'ailleurs,
le besoin de l'amour, le chantage innocent, la découverte de
l'autre, le poids de la solitude et de l'abandon comme l'impérieuse
joie d'en découdre avec le jeu. Jusqu'aux larmes.Bourrée
d'humour et de candeur, ces petites phrases dites ou chantées
ne sont pas prêtes de s'effacer des mémoires, qu'elles
soient toutes neuves ou chipées ici et là dans le grand
air de notre temps: "C'est quand qu'on va où ?",
"J'm'en fiche bien mal", "l'océan du dessus",
"parti de moi, fini de moi", "à partir de maintenant
le présent, c'est aujourd'hui". Dans la gare du "roi
de tous les royaumes" et de "la reine de toutes les reines",
ce fut un moment de vie d'une féroce et pertinente tendresse.
Jean-Dominique Burtin, La République
du Centre, 31/1/2000
À
la gare du coucou suisse
Dans un mouvement perpétuel, Znorko donne toute la vitalité
de la jeunesse. Il offre un délire. Léger comme une
bulle de savon. Salé comme les chagrins d'amour. Un concentré
d'émotions à regarder avec son coeur.
Catherine Lozac'h, Le Télégramme
, 17/2/2000
À la gare du coucou suisse
La pièce créée et mise en scène par Wladyslaw
Znorko plonge le spectateur dans un univers onirique, ludique, étrange,
où alternent les rires et les larmes, le rap, le rock et la
musique religieuse. Les bruitages, par moment, véritables déflagrations,
les vibrations de la musique, créent un rythme qui emporte
paradoxalement ce wagon immobile depuis vingt ans. Et les deux protagonistes
Bricole et Lotzouav suivent ce rythme qui s'empare d'eux, les obligeant
à résister pour ne pas tomber, emportés par une
folle vitesse. A la gare du coucou suisse est un spectacle de musique,
de mime, de mouvement, de danse. Les morceaux de bravoure du théâtre
traditionnel n'existent plus. Les mots, objets ludiques, sont essentiellement
des substantifs isolés les uns des autres donnant à
voir, à rêver des lieux, des paysages, suggérant
des émotions, des sensations, des sentiments. Les personnages
se servent d'objets relais - de vieux vêtements suspendus aux
cloisons du wagon - pour communiquer. Revêtir un manteau, une
veste, une robe a pour but de susciter une réaction chez l'autre,
d'appeler son attention. Bricole et Lotzouav, deux êtres pleins
de jeunesse, à peine sortis de l'enfance s'aiment, mais n'arrivent
pas à se le dire. Pourtant leur amour existe, vit. Il est quasiment
palpable. Et c'est pourquoi la pièce se clôt dans un
tourbillon de joie, de rire, de jeux qui semblent amuser les acteurs
eux-mêmes.
Annie Forest-Abou Mansour, Sit'Art mag , 25/1/2000
À
la gare du coucou suisse À la gare du coucou suisse
raconte l'incroyable fugue de deux adolescents qui sautent dans un
train inopinément arrêté. La scène se passe
dans un wagon de marchandises encombré d'un bric-à-brac
de vêtements et d'objets. Rien de linéaire chez Znorko,
la narration s'efface au profit des images, et quelles images ! Hallucinées,
violentes, en évolution permanente, porteuses de mort et surtout
de vie, portées par un univers sonore dense et élaboré.
Le train immobile s'ébranle vraiment quand la jeune Bricole
s'arc-boute contre le montant de la porte dans une lumière
blanche et crue. Le sifflement du train se transforme en sirène
de bateau environné de cri de mouettes. Dans ce tohu-bohu d'émotions,
Bricole et l'Autzouave se découvrent et s'aiment. Seuls dans
leur fuite éperdue et initiatique, ils arriveront à
bon port, là où les monstres imaginaires de l'enfance
sont enfin vaincus. On sort de ce voyage secoué pour longtemps
par les trépidations de cette machine à rêver.
TDC Magazine, 15/4/99
Un
nouveau pas vers l'Est de Wladyslaw ZNORKO
Extrait : Wladyslaw Znorko vit à l'Est de l'imaginaire. Depuis
qu'il a commencé à faire du théâtre au
tournant des années 80, il ne s'est guère éloigné
d'une obsession : renouer le fil d'une enfance qu'il n'a pas vécue
sur la terre natale de son père, Russo-Polonais émigré
dans le nord de la France. A ses débuts, il a pris le chemin
de la rue c'était déjà un voyage pour raconter
ses histoires. Il a aussi emmené les spectateurs dans un train
posé en rase campagne ; des trains, il y en aura beaucoup,
par la suite, qui sillonneront ses mises en scène, hurlant
leur fumée et leur rythme à quatre temps... Brigitte
Salino, Le Monde, 09/10/98
Le
traité des mannequins
Znorko et sa troupe entraînent le public dans un drôle
de voyage, déroutant, intemporel, poétique et délirant.
Au milieu de nulle part, là où le temps a pris du retard,
les personnages errent dans un architectural bordel, suspendu à
de furtives secondes qui s’attardent en délicieuses heures.
Audrey Levert, Lyon Capitale, 25/2/98
Le
traité des mannequins
Des émotions fugaces venues de loin et d’autant plus
précieuses qu’elles sont en quelque sorte volées.
Le spectateur se déplace tentant de voir à travers les
vitres sales qui entourent la scène ou entre les interstices,
ce qui lui est à chaque instant dérobé. Générosité
qui nous rend l’humanité plus étrange et plus
proche et qui donne envie de rester ensuite pour partager avec la
troupe la soupe et la vodka qui réchauffe.
Trina Mounier, Lyon Poche, 11/2/98
UN
CONTE DÉSENCHANTÉ CHEZ LES ENFANTS DU BOUT DU MONDE
Extrait : L'école et le pub de Dunquin (Dun Chaoin en gaélique)
peuvent se vanter d'être les plus à l'ouest d'Europe.
Rien au-delà de cette péninsule irlandaise battue des
vents, sinon l'archipel des îles Blasket, les dernières
terres aperçues du Titanic lors de son périple inachevé.
Quand on arrive à ce bout du monde, dit Wladyslaw Znorko, «
le corps et l'esprit s'éparpillent », il faut faire demi-tour
pour se ressaisir. Bernadette Bost, Le
Monde, 14/12/1997
Le
traité des mannequins
Ces cinquante cinq minutes sont sans doute une des plus belles créations
de Znorko et il y passe le plus souvent un souffle d’une invention
poétique assez rare. Znorko a atteint une maîtrise du
temps, de l’espace, de l’univers sonore et de la lumière
d’une très rare qualité. Philippe
Du Vignal, Cassandre, 14/4/97
Le
traité des mannequins
Eclatante démonstration du bien fondé d'une démarche
d'instinct métaphorique. C’est un précipité
d’images térébrantes projetées sur la toile
de fond de l’impayable humour issu du désespoir. Znorko
a signé là sa réalisation la plus prégnante,
celle où la gestion onirique des formes trouve sa plus rigoureuse
économie.
Jean-Pierre Léonardini, L'Humanité,
31/3/97
Le
traité des mannequins
Splendide fulgurance. Nous sommes ballotés comme dans le train,
étourdis de musiques à la fois languides et déchirantes,
émus par la folle beauté des images qui s’expriment
au fond de nos yeux.
Marie-Edith Alouf, Politis, 27/3/97
Znorko
ne recrée pas Schulz à la lettre mais en esprit et âme,
à coups d’images vacillantes. A ne pas manquer
La Tribune, 25/3/97
Le
traité des mannequins
Des embardées de sensation et d'émotions violentes.
De cette sarabande morbide, où planent les spectres des catastrophes
passées et à venir, on ne sort pas tout à fait
sans espoir. Parce que le pire se teinte ici toujours d'humour et
de poésie.
Libération, 25/3/97
Le
traité des mannequins
Znorko nous fait pénétrer comme des voyeurs dans cet
univers. Il y met une poignante tendresse. On plonge dans un royaume
d’images opaques et brumeuses où des personnages sortis
d’on ne sait quel voyage se perdent sans fin dans d’autres
dérives, d’autres chimères. Znorko est un passeur.
Il nous ramène à nos incertitudes, à nos errances,
à nos déséquilibres d'aujourd'hui. Avec des riens,
il nous éveille à des émotions enfouies, lointaines.
C'est de la magie Fabienne Pascaud, Télérama,
22/3/97
Le traité des mannequins
Ce n’est pas du théâtre linéaire, bavard,
didactique, mais une sorte de ballet étrange de pantins qui
nous évoque autant l’univers expressioniste de Schulz
que cette vie disparue, anéantie sous la botte nazie. Pour
ceux qui ne connaissent pas encore Bruno Schulz, Znorko a offert làune
introduction envoûtante à ce qui demeure l'une des oeuvres
les plus singulières du répertoire juif d'Europe Centrale
David Maarek, La Tribune Juive, 20/3/97
Le
traité des mannequins
C'est une folie comme seul Znorko sait en inventer. Une heure de voyage
dans la tête. C'est fort, magnifiquement déjanté
Brigitte Salino, Le Monde, 18/3/97
C'est une folie comme seul Wladyslaw Znorko sait en inventer. Une
heure de voyage dans la tête, avec le bruit fracassant de chemins
de fer, des flots de musique, des images hallucinatoires, et..."
article publié par DANS LES THEATRES,
18/03/97
Arts
et spectacles
Tournée française d'"Ulysse à l'envers",
par la compagnie Cosmos Kolej
Sur l'almanach de Wladyslaw Znorko
Extrait : Le Cosmos Kolej, compagnie lyonnaise menée par le
metteur en scène et auteur Wladyslaw Znorko, a créé
le 15 novembre à Marseille son quatorzième spectacle
depuis 1981. Voilà treize ans que cette troupe présente
à un public toujours plus nombreux des créations où
la parole est presque absente, mais qui doivent beaucoup à
la littérature. Après Pons, Schulz, Hasek, Collodi et
Alain-Fournier, le Cosmos Kolej voyage, avec "Ulysse à
l'envers", en légendes irlandaises.
Olivier Schmitt, Le Monde, 1/12/1994
Les
comédiens du Cosmos Kolej errent parmi les fumigènes,
tirent d’improbables fardeaux, nagent dans des ondes virtuelles,
laissent des cris, des mélodies, des réflexions percer
le discours silencieuxoù la fermentation de la conscience et
de l’inconscience provoque le mouvement de l’âme.
Cette liberté s’appelle l’inspiration.
Jean-Philippe Mestre, Le Progrès, 01/12/1994
L'ÉTÉ
FESTIVAL/AVIGNON
CHVEIK AU TERMINUS DU MONDE à Benoît-XII
Extrait : Une ligne sur le programme : " Ce spectacle est dédié
à Cric, chien vagabond, et à celui qui lui glissait
des biscuits " ; un prologue, diffusé dans la salle par
un des ces haut-parleurs gris, coniques, qui ont déserté
nos gares : " Veuillez excuser la mauvaise qualité du
son et de l'image "... On n'entre pas dans le " théâtre
" de Wladyslaw Znorko, auteur-metteur en scène français
d'origine polonaise, comme dans tous les théâtres."
Olivier Schmitt, Le Monde, 13/07/1993
AVIGNON
93 "CHVEIK AU TERMINUS DU MONDE"
ZNORKO DE CRICOTAGE EN GOULASH
Extrait : Wladyslaw Znorko vient de Lyon, lui aussi, mais il est né
plus au nord. De parents immigrés polonais, comme le souligne
son pseudonyme. Un jour, il a trouvé la ville sur sa route
et y a planté sa tente. Il voyage dans l'âme slave, aux
frontières des cultures, sans vouloir choisir ni s'installer.
Il parle avec la musique des langues, avec des images mystérieuses
comme des souvenirs sur photo. Un train, la guerre, des blessés...
Il a rencontré le brave soldat Chveik, et son auteur, Hasek
_ un Pragois, encore, _ et a inventé " une fin possible
au roman ". Bernadette Bost, Le Monde,
8 juillet 1993
THÉATRE
Mémoires confondues
Une rêverie de Znorko où se mêlent Alain-Fournier
et les fantômes familiers du Cosmos Kolej
UN GRAND MEAULNES au Théâtre des Célestins
Extrait : LYON de notre bureau régional Ce grand Meaulnes-là
est d'abord invisible, présent comme un vide sombre, détouré,
dans un portrait de groupe de soldats égarés qui attendent
la canonnade au fond d'un bois bourbeux ; comme un silence où
résonnent leurs interjections triviales de gamins s'efforçant
de couvrir le bruit de leur peur. Il est là, parmi eux, repérable
comme le fut le lieutenant Fournier parmi les hommes de sa section,
le 22 septembre 1914, et pourtant déjà mort.
Bernadette Bost, Le Monde, 13/11/1992
ZNORKO
ET LES RATS
Des récits d'Alexandre Grine et Alexandre Vialatte ont inspiré
à Wladyslaw Znorko l'Attrapeur de rats. Le texte a disparu,
il reste l'opéra d'images.
Extrait de l'article : La littérature, pour Wladyslaw Znorko,
est une machine à réactiver les souvenirs. Surtout quand
nul ne sait plus si les images ainsi ravivées ont été
vécues ou seulement imaginées. Enfant, dans sa cité
ouvrière du Nord, le petit Wlad se racontait des épopées
empruntées aux souvenirs de guerre de son père. Une
communauté d'exode se constituait, soeur des troupes polonaises
à la recherche de la légion Anders : des soldats perdus
qui, des mois durant, pataugeaient dans la neige ou se laissaient
bringuebaler sur les tampons des trains, hallucinés de fatigue,
"comme en suspens entre une origine...
Bernadette Bost, Le Monde, 20/12/89
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