Revue de presse

Au nord de Marseille, une pépinière culturelle entre béton et mauvaises herbes
Dimanche 27 mai 2007
Sous les barres d'immeubles grises, abandonnées ou rénovées, les femmes assises, pieds dans la poussière et foulard sur la tête, papotent. Autour d'elles, la petite classe des enfants turbulents court et piaille. Plus loin, les ados bavardent, l'oeil discrètement tourné vers l'événement. Avec trois sous et un coeur énorme, on inaugure ce soir la pépinière de Plan d'Aou, du nom de la cité où se passe la chose.
Belle et pauvre pépinière : fruit d'un long travail, elle se réduit à une ombrière rudimentaire protégeant de l'ombre quelques douzaines de pots de pousses de carottes, de persil, d'orangers ou de cyprès. Deux enfants expliquent fièrement comment ils viennent, avec l'école maternelle, "arroser leur jardin". Sur les tables, on lit un nom étrange pour un pépiniériste : Compagnie Cosmos Kolej. (...)
Michel SAMSON
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Journal de la Friche
avril 2006
Nouveaux territoires de l’art et de l’urbanité
Eclairages
La Gare Franche de Znorko.
Wladyslaw Znorko n’a de cesse d’entraîner les spectateurs-voyageurs dans les faubourgs de son imaginaire. Sa troupe, le Cosmos Kolej, est désormais physiquement implantée dans les périphéries urbaines. La compagnie a acheté, dans les quartiers Nord de Marseille, un vaste espace composé d’une usine, d’une maison et d’un terrain. Une Gare Franche, lieu de passage et de fabrication d’aventures artistiques décalées, dans un quartier relégué, trop souvent considéré comme une voie de garage pour tous ceux qui ont raté le train de la réussite économique et sociale. La Gare Franche est située dans le quinzième arrondissement de Marseille, dans une zone charnière, entre le village de Saint-Antoine et la cité du Plan d’Aou. Cette Zone Urbaine Sensible (ZUS) est en pleine mutation et s’inscrit dans le Grand Projet de Ville (GPV).
Ce projet pour le moins atypique s’est petit à petit fondu dans son environnement. (...)
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Les Boutiques de Cannelles
Samedi 19 novembre 2005
Des morts-vivants plutôt hilares
Le Cosmos Kolej de Wladyslaw Znorko joue une pièce de Bruno Schulz, les Boutiques de cannelle.

« N’oublie pas que tu es mort », glisse du coude la mère, à Jacob son mari, pourtant hilare. Déjà mort, comme elle, mais bien vivant sur scène. Il s’agit moins d’un emprunt à Tadeusz Kantor qu’à Bruno Schulz. Lui aussi Polonais, auteur des Boutiques de cannelle, nouvelle dont est tirée cette pièce éponyme créée par le Cosmos Kolej aux Subsistances à Lyon. Puis présentée au Glob à Bordeaux, dans le cadre de Novart. « Les Boutiques de cannelle donnent une certaine recette de la réalité. Sa substance est en état de fermentation incessante, de germination, de vie secrète. Il n’y a pas d’objets morts, durs, limités », pensait Schulz. Et au-delà l’idée que « la réalité prend certaines formes seulement pour l’apparence ». Ce dont on peut jouer au théâtre. Comme le fait Wladyslaw Znorko, avec gourmandise (...)
Hugo LATTARD
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Les Boutiques de Cannelles
Jeudi 26/01/2006
Le petit monde rêvé de Bruno Schulz
Wladyslaw Znorko ressuscite l'univers de l'écrivain polonais, auteur des «Boutiques de Cannelle».

Wladyslaw Znorko est un poète. Un rêveur impénitent, doublé d'un conteur fabuleux, fabriquant d'histoires extraordinaires. Depuis quelque vingt ans, ce fils d'immigré polonais (un ancien de la légion Anders !), grandi dans le Nord de la France et installé aujourd'hui sous le soleil de Marseille, invite le public à le suivre sur les voies incertaines d'un univers à la lisière de l'irréel et du réel (...)
Didier MÉREUZE
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Les Boutiques de Cannelles
Mardi 31 janvier 2006
L'armoire aux songes
Théâtre. Les voilages qui ondulent comme vagues frémissantes. Le bois brut, presque gris d'avoir trop vécu.
Une maison, une armoire. Une fenêtre. Dedans-dehors, ici, cette distinction n'a pas lieu d'être.
Une femme un peu ronde et un homme assez maigre, jambes nues sous la jaquette de son habit... Bruit incessant des sabots des chevaux sur le pavé. Lumières qui changent.
Apparition d'autres personnages. Retrouvant l'univers de Bruno Schulz qu'il aime profondément et connaît, Wladyslaw Znorko propose, après Le Traité des mannequins, une adaptation des Boutiques de cannelle, premier des textes publiés par l'écrivain de Drohobycz (Galicie autrichienne lorsqu'il naît, en 1892, Pologne après 1918). L'écriture remonte aux années trente (...)
Armelle HÉLIOT
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Les Boutiques de Cannelles
Samedi 18 Février 2006
Dans le dédale des souvenirs d'enfance
On est un peu désarçonné au début par cet assemblage hétéroclite et bizarre de scènes de rues, qui s'enchaînent en désordre.
Et puis, on se laisse tout doucement happer par la magie de ces tableaux, accrochés entre rêve et réalité sur le mur des souvenirs d'enfance.
La mise en scène de Znorko restitue à merveille l'univers de Bruno Schulz.
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Pierre BIGOT


Les Boutiques de Cannelles
Jeudi 26 janvier 2006
Théâtre : de Schultz à Labiche
Des spectacles en scène au menu de Tout arrive !, dans ses deux parties.
C'est la façon dont Wladyslaw Znorko a porté le polonais Bruno Schultz sur les planches qui nous occupe d'abord. Un texte qui n'est pas de théâtre à l'origine, mais nous met ici "le pied à l'étrier pour l'émerveillement", dans une certaine démesure.
Wladyslaw Znorko. Il met en scène Les boutiques de cannelle.
David Bursztein. Il est comédien dans Les boutiques de cannelle.
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Les Boutiques de Cannelles
Théâtre / Déambulation nocturne

"Les boutiques de cannelle", une des oeuvres majeures de l'auteur juif polonais Bruno Schulz, nous fait pénétrer avant tout dans son univers visionnaire et onirique.
Michèle LÉVY-TAÏEB
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LA PENSEE RUSSE
N° 2 (4583), (19-25 janvier 2006)
« Elle est notre gardienne de la mélancolie slave »
Du 9 janvier au 6 février, au théâtre de la Cité Universitaire, la troupe du « Cosmos Kolej » de Wladyslaw Znorko présente le spectacle « Les boutiques de cannelle ».
On dit volontiers que Wladyslaw Znorko et sa compagnie ambulante du « Cosmos Kolej » ont créé un « théâtre onirique » et, en effet, le monde des spectacles de Znorko est absolument singulier ; on ne peut le confondre avec quoi que ce soit d’autre. Il y règne la liberté d’improvisation d’un théâtre de foire qui échappe à la logique cartésienne pour se placer sous le signe d’une vérité éphémère, vue à travers le prisme des rêves étranges et excentriques d’un poète.
Ektarina BOGOPOLSKA
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Les Boutiques de Cannelles
Vendredi 3 février 2006
Théâtre : Rêves d'enfants
Il y a bien des voilages sur les cotés de la scène mais pas véritablement une séparation entre un dehors et un dedans de l'action dans cette adaptation théâtrale du texte de Bruno Schulz, Les Boutiques de cannelle, par le metteur en scène et scénographe Wladyslaw Znorko (...)
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Les Boutiques de Cannelles
Dimanche 22 janvier 2006
Tempête sur les planches

Les Boutiques de Cannelle
Inspiré de Bruno Schulz
Mise en scène et scénographie Wladyslaw Znorko
Wladyslaw Znorko est l’un des metteurs en scène les plus énigmatiques. Est-il un peu polonais ou pas du tout ? Ses spectacles ont une fibre polonaise, mais tout ce qu’on sait avec certitude c’est que son fameux voyage initiatique, tout à fait réel, l’a conduit en Irlande. Depuis, il fait des spectacles "polonisant" alors que sa tête fait plutôt péruvienne, mais c’est juste un look (...)
Thomas de Hambourg / Radio Libertaire
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Samedi 12 novembre 2005
NOVART 2005
« Les Boutiques de cannelle »
Boutiques dites « de cannelle » car dans ces ruelles polonaises le bois des devantures jaunit et se parchemine comme un rouleau de cet épice ambré : métaphore bienvenue puisqu'elle résume le sujet d'un spectacle parlant de métamorphoses.
Entre rêve et réalité, la poésie de Bruno Schulz abolit toute logique et réinvente le monde : face aux vitrines du magasin, au fond de l'arrière boutique, dans des coulisses de voiles transparents... c'est la vie qui valse. Inutile de chercher ici une histoire - il y en a cent -, et si l'on veut se référer à d'autres créations pour qualifier cette fantasmagorie, c'est aux délires du cinéma de Kusturica que l'on pense. Ou aux peintures de Chagall.
Après « Le Traité des mannequins », également vu au Glob il y a quelques années, cette nouvelle mise en scène de Wladyslaw Znorko est un enchantement (...)
Jean-Noël CADOUX
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Les Boutiques de Cannelles
Vendredi 18 novembre 2005
Fantômes souriants
La force des images.
Wladyslaw Znorko présentait sa dernière création, «Les boutiques de cannelle», au centre culturel de Bergerac.
Un spectacle comme une fugue. Une remontée dans le temps, légère et souriante. C'est ce que propose Wladyslaw Znorko dans sa dernière création, « Les boutiques de cannelle », donnée mardi et mercredi au centre culturel de Bergerac, en partenariat avec le Melkior Théâtre.
Humour et absurde. Wladyslaw Znorko adaptait deux nouvelles de l'écrivain polonais Bruno Schulz, retrouvant là un univers qui lui est familier. Une famille de commerçants s'en va au théâtre, toute endimanchée (...).
Chantal GIBERT
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Théâtre & Toiles
Theatretoiles.net

1er Février 2006
LES BOUTIQUES DE CANNELLE de Bruno SCHULZ
THEATRE de la CITE INTERNATIONALE
Mise en scène et scènographie : Wladyslaw Znorko.
avec : David Bursztein, Elisabeth Ernoult, Emiliano Suarez ou Henri Devier, Irina Vavilova, Jean-Pierre Hollebecq, Bruno La Brasca, Antonella Amirante.
Dans le fond de scène une batisse en bois qui symbolisera la maison qui est la leur mais également le théâtre où ils vont se rendre et de chaque côté de l'espace scènique de grands rideaux de voiles blancs ...
Le père tout de noir vêtu arrive accompagné de son opulente épouse, lui fluet, elle imposante, la tête surmontée d'un chapeau que nous qualifierons de fruitier. Le fils va les rejoindre car il s'agit d'assister à une représentation théâtrale où une fois arrivé sur place le père constatera avoir oublié son porte monnaie et enverra le fils le récupérer. Situation surréaliste car en réalité, le père est mort. Son rejeton pourtant adulte, se livrera alors la nuit durant, à un remake d'école buissonnière (...)
Scymone Alexandre
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Les Boutiques de Cannelles
Semaine du 25 janvier au 31 janvier 2006
Rêveur
Les Boutiques de Cannelle
Avec le texte du polonais d'adoption Bruno Schulz (exécuté par un SS en 1942), le metteur en scène Wladyslaw Znorko démontre une fois de plus son savoir faire onirico-esthétique dans l'évocation d'un monde et d'une ambiance, en l'occurrence celle d'une bourgade polonaise au début du siècle (...)
Charlotte LIPINSKA
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L'hymne à la vie des engloutis du Koursk
THEATRE. Wladyslaw Znorko signe un spectacle envoûtant, confondant le réel et l'irréel.
KOURSK de Wladyslaw Znorko
Le 12 août 2000, au matin, le sous-marin nucléaire russe Koursk était victime d'une explosion dans la mer de Barents. Une partie de l'équipage périt aussitôt. Les survivants se réfugièrent dans les compartiments 6, 7 et 8 : 23 hommes sur les 118 à bord. Les autorités russes attendront plusieurs jours avant d'agir. Quand les premiers secours pénétreront dans l'épave, deux mois plus tard, ils ne trouveront que des cadavres. C'est à ces morts que Wladyslaw Znorko et la compagnie du Cosmos Kolej rendent hommage (...)
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Didier MÉREUZE, La Croix, vendredi 13 février 2004


CAHIER SPECIAL, samedi 31 janvier 2004, Marseille.
Le soleil ne fait pas tout.
Ils sont venus, attirés par le rêve d'une ville méditerranéenne en mutation, mais la réalité secoue parfois les néo-Marseillais. Coup de dés.
Wladyslaw Znorko est un nomade par nature. Il a pourtant installé ses pénates à la Joliette depuis deux ans, à quelques enjambées de l'embarcadère pour la Corse et le Maghreb. Marseille, parce que ça ressemble à Roubaix, là où il est né, parce que c'est la ville qui a vu le plus grand nombre de ses pièces de théâtre et parce qu'au guichet d'une administration on ne lui demande pas de répéter son nom. Znorko n'aime pas le soleil ni la plage, mais la cité s'accorde bien à son sens du lyrisme, entre Zola et Conrad (...)
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Valérie SIMONET, Libération, Cahier Spécial, samedi 31 janvier 2004

Une fabrique à rêves
Enclavée entre le plan d’Aou, une cité sensible et le village de St Antoine, la Gare Franche est un espace culturel hors normes fondé par le créateur de spectacle Wladyslaw Znorko.
Le domaine, nommé en référence à sa compagnie Le Cosmos Kolej (chemin de fer des étoiles en Polonais) est constitué d’une vieille usine désaffectée en voie de réhabilitation et d’une bastide ancestrale aux allures de petit château fort. Il s’apparente à un carrefour d’échanges et de réflexions sur le spectacle vivant, accessible au public : une visite guidée de site est organisée gratuitement tous les mardis sur rendez-vous (...)
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Marseille insolite et secret, de Eléonore Desurmont, 256 p (2004), Editions : Jonglez

L'endroit est improbable.
Investissant les lieux, la compagnie achète en juillet dernier bastide et vieille usine. Son idée : en faire un lieu de rencontre, de création et de réalisation artistique.
Un lieu pour les compagnies d'ailleurs, mais aussi pour les habitants du village de Saint-Antoine et du Plan d'Aou.
"Nous souhaitons nous inscrire dans un territoire, explique Gwénaelle Groussard, administratrice de la compagnie. L'intégration va dans les deux sens. A nous de nous intégrer ici, au quartier d'intégrer nos projets. La gare est un lieu de vie, de passage."
Concrètement, le maître mot ici, c'est "ouverture". Comme celle que la compagnie compte faire dans un mur de la gare franche, pour que le chemin vers la bastide soit direct. Comme casser le mur qui enferme le jardin et le sépare du Plan d'Aou. Au carrefour de deux lieux de vie, la compagnie se veut trait d'union entre habitants et artistes (...)
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Métro, 29/01/2004

Wladyslaw Znorko a installé sa troupe dans la cité phocéenne
Le ch'ti marseillais
Après vingt ans de tournées, le metteur en scène roubaisien et son Cosmos Kolej ont posés leurs décors en lisière des quartiers nords de Marseille. Et la greffe a pris.
"Ici, à Marseille, je me sens totalement dans mon élément. Et c'est bien le seul endroit où personne ne me fait jamais répéter mon nom. Ailleurs, quand je me présente : "Bonjour je suis Wladyslaw Znorko", on me répond : "à vos souhaits" (...)
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Télérama, Sophie Cach, mars 2003


Les saisons
Denis Lavant magnifie l'onirisme sombre de Saisons, roman de Maurice Pons porté à la scène par les Cosmos Kolej.
D'abord il y a ce souffle auquel on répond par la fascination. Un univers où s'agitent des personnages désaccordés, flirtant avec l'outrance. Si leur folie déroute plus qu'une autre, c'est qu'elle semble parfaitement assumée. Une folie si particulière à la compagnie Cosmos Kolej. Sous la houlette du metteur en scène Wladyslaw Znorko, celle-ci n'en est pas à sa première étrangeté : qui a déambulé, par exemple, autour de leur spectacle le Traité des mannequins saura bien quelle vitalité sombre on tente ici de mettre en mots. C'est que, précisément, les Cosmos Kolej veulent leur théâtre universel : le trouble qu'ils suscitent ne doit pas en passer par des nuées de phrases, et ce, même quand Wladyslaw Znorko entreprend de porter à la scène le roman les Saisons, de Maurice Pons (la pièce fut créée à la Passerelle, à Gap) : un opus dont le metteur en scène, semble-t-il, s'est attaché à recueillir la quintessence de l'amertume qu'il renferme. De là, des images fortes, mouvementées, où l'on s'enfonce tête baissée. Avant le vacarme de la pièce, une fumée blanche dévore l'espace, voilant d'incertitude la perception du spectateur et enveloppant de menace la gare en tôle où, autour d'une matrone aux yeux charbonneux, des individus de tous âges grognent, pestent, se rudoient enfin. Bizarrement, dans cet estaminet, le nombre des buveurs et les brumes d'alcool ne parviennent pas à faire chaleur. Chacun ici semble étranger à lui-même, peut-être arraché à des racines qu'il aurait oubliées. L'alcool réchauffe ici surtout les veines, y compris celles de deux douaniers stupides à souhait. D'abord, donc, un univers aux fortes effluves oniriques...
Ensuite, pour porter à son comble cette atmosphère, ce drôle de désouvrement, il y a tout le talent de Denis Lavant. Dévalant l'escalier longeant le public, il bondit, trublion désenchanté, philosophe perdant le fil de sa pensée. Une drôle de chapska enfoncée de travers sur le crâne, la voix éraillée, Denis Lavant court et gigote, pantin désarticulé, il court jusqu'à tomber, se blesse le pied. L'acteur, il est vrai, fut d'abord formé au mime et à l'acrobatie. Son corps semble de caoutchouc, ses chutes sont véritables. Aucune feinte ici, aucun frein. Denis Lavant est Siméon pour de bon. Personnages et spectateurs restent bouche bée devant cette entrée si fantastiquement physique : plus tard, il ira jusqu'à frapper le sol de son corps, comme si la pesanteur lui devenait trop douloureuse, comme si le corps de l'acteur était vrillé de toutes les meurtrissures de l'âme de son personnage. Siméon, pathétique par cette manière d'ériger en mission salvatrice son travail d'écriture, pitoyable quand il implore le regard des autres sur sa douleur, est venu trouver refuge - ou échoue par hasard, on ne sait - dans ce village suintant l'humidité et le désouvrement. Où il demande gîte et couverts, bravant les ricanements de ses hôtes. Siméon, entre gémissements et élans d'optimisme aussi brefs qu'excessifs, se réduirait à un illuminé s'il ne portait en lui un vrai traumatisme (il perdit sa sour, carbonisée) et si Denis Lavant, sans mesure, ne jouait pas ici avec sa peau. Seul contre les autres personnages, sorte de magma hostile et sordide qui veut l'héberger au rabais, Siméon se niche au sommet de la gare, et ressasse son livre à venir et sa solitude, que seule une idylle ardente, mais silencieuse, viendra troubler. Autour de Siméon, la folie gronde, banale. Un environnement tranquillement infernal : on veut enterrer vivante une mendiante sud-américaine ; la tenancière du bar est une sorcière vicieuse aux breuvages dangereux ; enfin, Siméon sera chargé du pluviomètre, tâche ingrate dans cette enclave privée de soleil. Aussi, au personnage comme à l'acteur, il en faut de la vigueur pour dessiner la lutte, fût-elle vaine. Denis Lavant lui confère une ténacité rare, suffocante, anarchique en beauté, mais jamais en proie à l'essoufflement : une énergie du corps, décrite plus haut, et une autre du verbe qui, bien que rare, doit être raboté, usé. Un procédé de la redite cher aux Cosmos Kolej dont tous les acteurs, d'ailleurs, s'emparent avec justesse : marteler comme pour se convaincre de l'inanité ou de l'horreur que les termes désignent. " C'est pourri ", répète-t-on à Siméon, en lui montrant son pied blessé ! Des mots dits maintes fois, des syllabes aiguës, d'où finissent par s'élever des cris. Des sons mi-animaux, mi-humains. Des bribes d'impuissance soudain emportées par la vocifération plus rauque de la musique, un rock puissant aux accents slaves. Et le " malaise émerveillé ", évoqué par Maurice Pons, de s'imposer à nous.
Aude Brédy, L’humanité hebdo, 7 et 8/12/2002

Le théâtre du Cosmos Kolej n’est pas un théâtre conventionnel. Depuis son origine, ses personnages nous dévoilent, dans le secret de vieux dépôts, leurs rêves troubles peuplés d’enfants boiteux, de feraille, d’ampoules à filament et de trains charriant d’éternels vagabonds en quête de quelque embrasement de l’histoire comme improbable fête. Ce théâtre visionnaire cultive avec méthode l’art d’égarer le spectateur-voyageur dans les faubourgs de son imaginaire
Magdalena Czerniewska

Les fantômes réveillés de la mémoire de Znorko ne parlent pas - en tout cas, pas comme les vivants. Ce qui parle, ce sont les images, violentes, superbes, fulgurantes, fantasques. Toute en poésie rare et en tendresse grave. Laissant surtout la porte ouverte à l’imaginaire de chacun dans le passage d’un autre côté du miroir d’où surgissent des secrets intérieurs qu’on ne croyait pas.
Didier Méreuze, La Croix

Wladyslaw Znorko ne se raconte pas comme tout le monde. On le dirait tombé d’une autre planète. Rien dans son propos ne le rattache à tel ou tel courant théâtral. Il semble avoir grandi à part, dans son coin, sans vraiment se préoccuper des autres. Il fait du théâtre instinctivement et à travers ses réalisations, il refait le chemin de la découverte du monde extérieur, comme lorsqu’il était petit et qu’il s’aventurait à pied ou à bicyclette chaque jour un peu plus loin de sa maison, de son jardin, de sa rue.
Caroline Jurgenson, Le Figaro

À la gare du coucou suisse
C'est la première fois que Znorko s'adresse aux enfants. Il le fait avec sincérité. Et émotion."Ce spectacle est le fruit d'une commande, aussitôt acceptée, mais qui m'a, tout aussitôt, donné un trac fou ; que raconter aux enfants ? Une histoire ? Un conte ? On les prend la plupart du temps pour des nigauds... A travers cette fugue d'un couple de jeunes débutants amoureux dans un train de marchandises cloué à quai, j'ai très simplement cherché à leur dire que leur désarroi est assi le mien. Et, en particulier, que les malentendus qui boulersent les relations entre garçons et filles sont tenaces puisque, à l'âge adulte, ou supposé tel, hommes et femmes ne parlent toujours pas le même langage. Il y a du texte cette fois, mais un texte sans verbe, sans verbe conjugué en tout cas, tant les personnages ont du mal à se conjuguer eux-mêmes, c'est-à-dire à s'aimer et se le dire. De tous mes spectacles, c'est celui que je préfère, peut-être parce que je le sens très proche de ce que je suis..."
Marielle Créac'h, Lyon Poche , 19/1/2000

À la gare du coucou suisse
Le remarquable spectacle de Wladyslaw Znorko, gorgé d'émotion et de vérité, a aussi captivé le tout public.C'est un modèle du genre. Avec très peu de mots et grâce à une performance corporelle des comédiens qui s'aiment, rêvent, se disputent et s'enthousiasment, ce spectacle dit à merveille l'emportement, la peur et le désir de l'ailleurs, le besoin de l'amour, le chantage innocent, la découverte de l'autre, le poids de la solitude et de l'abandon comme l'impérieuse joie d'en découdre avec le jeu. Jusqu'aux larmes.Bourrée d'humour et de candeur, ces petites phrases dites ou chantées ne sont pas prêtes de s'effacer des mémoires, qu'elles soient toutes neuves ou chipées ici et là dans le grand air de notre temps: "C'est quand qu'on va où ?", "J'm'en fiche bien mal", "l'océan du dessus", "parti de moi, fini de moi", "à partir de maintenant le présent, c'est aujourd'hui". Dans la gare du "roi de tous les royaumes" et de "la reine de toutes les reines", ce fut un moment de vie d'une féroce et pertinente tendresse.
Jean-Dominique Burtin, La République du Centre, 31/1/2000

À la gare du coucou suisse
Dans un mouvement perpétuel, Znorko donne toute la vitalité de la jeunesse. Il offre un délire. Léger comme une bulle de savon. Salé comme les chagrins d'amour. Un concentré d'émotions à regarder avec son coeur.
Catherine Lozac'h, Le Télégramme , 17/2/2000

À la gare du coucou suisse
La pièce créée et mise en scène par Wladyslaw Znorko plonge le spectateur dans un univers onirique, ludique, étrange, où alternent les rires et les larmes, le rap, le rock et la musique religieuse. Les bruitages, par moment, véritables déflagrations, les vibrations de la musique, créent un rythme qui emporte paradoxalement ce wagon immobile depuis vingt ans. Et les deux protagonistes Bricole et Lotzouav suivent ce rythme qui s'empare d'eux, les obligeant à résister pour ne pas tomber, emportés par une folle vitesse. A la gare du coucou suisse est un spectacle de musique, de mime, de mouvement, de danse. Les morceaux de bravoure du théâtre traditionnel n'existent plus. Les mots, objets ludiques, sont essentiellement des substantifs isolés les uns des autres donnant à voir, à rêver des lieux, des paysages, suggérant des émotions, des sensations, des sentiments. Les personnages se servent d'objets relais - de vieux vêtements suspendus aux cloisons du wagon - pour communiquer. Revêtir un manteau, une veste, une robe a pour but de susciter une réaction chez l'autre, d'appeler son attention. Bricole et Lotzouav, deux êtres pleins de jeunesse, à peine sortis de l'enfance s'aiment, mais n'arrivent pas à se le dire. Pourtant leur amour existe, vit. Il est quasiment palpable. Et c'est pourquoi la pièce se clôt dans un tourbillon de joie, de rire, de jeux qui semblent amuser les acteurs eux-mêmes.
Annie Forest-Abou Mansour, Sit'Art mag , 25/1/2000

À la gare du coucou suisse
À la gare du coucou suisse raconte l'incroyable fugue de deux adolescents qui sautent dans un train inopinément arrêté. La scène se passe dans un wagon de marchandises encombré d'un bric-à-brac de vêtements et d'objets. Rien de linéaire chez Znorko, la narration s'efface au profit des images, et quelles images ! Hallucinées, violentes, en évolution permanente, porteuses de mort et surtout de vie, portées par un univers sonore dense et élaboré. Le train immobile s'ébranle vraiment quand la jeune Bricole s'arc-boute contre le montant de la porte dans une lumière blanche et crue. Le sifflement du train se transforme en sirène de bateau environné de cri de mouettes. Dans ce tohu-bohu d'émotions, Bricole et l'Autzouave se découvrent et s'aiment. Seuls dans leur fuite éperdue et initiatique, ils arriveront à bon port, là où les monstres imaginaires de l'enfance sont enfin vaincus. On sort de ce voyage secoué pour longtemps par les trépidations de cette machine à rêver.
TDC Magazine, 15/4/99

Un nouveau pas vers l'Est de Wladyslaw ZNORKO
Extrait : Wladyslaw Znorko vit à l'Est de l'imaginaire. Depuis qu'il a commencé à faire du théâtre au tournant des années 80, il ne s'est guère éloigné d'une obsession : renouer le fil d'une enfance qu'il n'a pas vécue sur la terre natale de son père, Russo-Polonais émigré dans le nord de la France. A ses débuts, il a pris le chemin de la rue c'était déjà un voyage pour raconter ses histoires. Il a aussi emmené les spectateurs dans un train posé en rase campagne ; des trains, il y en aura beaucoup, par la suite, qui sillonneront ses mises en scène, hurlant leur fumée et leur rythme à quatre temps...
Brigitte Salino, Le Monde, 09/10/98

Le traité des mannequins
Znorko et sa troupe entraînent le public dans un drôle de voyage, déroutant, intemporel, poétique et délirant. Au milieu de nulle part, là où le temps a pris du retard, les personnages errent dans un architectural bordel, suspendu à de furtives secondes qui s’attardent en délicieuses heures.
Audrey Levert, Lyon Capitale, 25/2/98

Le traité des mannequins
Des émotions fugaces venues de loin et d’autant plus précieuses qu’elles sont en quelque sorte volées. Le spectateur se déplace tentant de voir à travers les vitres sales qui entourent la scène ou entre les interstices, ce qui lui est à chaque instant dérobé. Générosité qui nous rend l’humanité plus étrange et plus proche et qui donne envie de rester ensuite pour partager avec la troupe la soupe et la vodka qui réchauffe.
Trina Mounier, Lyon Poche, 11/2/98

UN CONTE DÉSENCHANTÉ CHEZ LES ENFANTS DU BOUT DU MONDE
Extrait : L'école et le pub de Dunquin (Dun Chaoin en gaélique) peuvent se vanter d'être les plus à l'ouest d'Europe. Rien au-delà de cette péninsule irlandaise battue des vents, sinon l'archipel des îles Blasket, les dernières terres aperçues du Titanic lors de son périple inachevé. Quand on arrive à ce bout du monde, dit Wladyslaw Znorko, « le corps et l'esprit s'éparpillent », il faut faire demi-tour pour se ressaisir.
Bernadette Bost, Le Monde, 14/12/1997

Le traité des mannequins
Ces cinquante cinq minutes sont sans doute une des plus belles créations de Znorko et il y passe le plus souvent un souffle d’une invention poétique assez rare. Znorko a atteint une maîtrise du temps, de l’espace, de l’univers sonore et de la lumière d’une très rare qualité.
Philippe Du Vignal, Cassandre, 14/4/97

Le traité des mannequins
Eclatante démonstration du bien fondé d'une démarche d'instinct métaphorique. C’est un précipité d’images térébrantes projetées sur la toile de fond de l’impayable humour issu du désespoir. Znorko a signé là sa réalisation la plus prégnante, celle où la gestion onirique des formes trouve sa plus rigoureuse économie.
Jean-Pierre Léonardini, L'Humanité, 31/3/97

Le traité des mannequins
Splendide fulgurance. Nous sommes ballotés comme dans le train, étourdis de musiques à la fois languides et déchirantes, émus par la folle beauté des images qui s’expriment au fond de nos yeux.
Marie-Edith Alouf, Politis, 27/3/97

Znorko ne recrée pas Schulz à la lettre mais en esprit et âme, à coups d’images vacillantes. A ne pas manquer
La Tribune, 25/3/97

Le traité des mannequins
Des embardées de sensation et d'émotions violentes. De cette sarabande morbide, où planent les spectres des catastrophes passées et à venir, on ne sort pas tout à fait sans espoir. Parce que le pire se teinte ici toujours d'humour et de poésie.
Libération, 25/3/97

Le traité des mannequins
Znorko nous fait pénétrer comme des voyeurs dans cet univers. Il y met une poignante tendresse. On plonge dans un royaume d’images opaques et brumeuses où des personnages sortis d’on ne sait quel voyage se perdent sans fin dans d’autres dérives, d’autres chimères. Znorko est un passeur. Il nous ramène à nos incertitudes, à nos errances, à nos déséquilibres d'aujourd'hui. Avec des riens, il nous éveille à des émotions enfouies, lointaines. C'est de la magie
Fabienne Pascaud, Télérama, 22/3/97

Le traité des mannequins
Ce n’est pas du théâtre linéaire, bavard, didactique, mais une sorte de ballet étrange de pantins qui nous évoque autant l’univers expressioniste de Schulz que cette vie disparue, anéantie sous la botte nazie. Pour ceux qui ne connaissent pas encore Bruno Schulz, Znorko a offert làune introduction envoûtante à ce qui demeure l'une des oeuvres les plus singulières du répertoire juif d'Europe Centrale
David Maarek, La Tribune Juive, 20/3/97

Le traité des mannequins
C'est une folie comme seul Znorko sait en inventer. Une heure de voyage dans la tête. C'est fort, magnifiquement déjanté
Brigitte Salino, Le Monde, 18/3/97

C'est une folie comme seul Wladyslaw Znorko sait en inventer. Une heure de voyage dans la tête, avec le bruit fracassant de chemins de fer, des flots de musique, des images hallucinatoires, et..."
article publié par DANS LES THEATRES, 18/03/97

Arts et spectacles
Tournée française d'"Ulysse à l'envers", par la compagnie Cosmos Kolej
Sur l'almanach de Wladyslaw Znorko
Extrait : Le Cosmos Kolej, compagnie lyonnaise menée par le metteur en scène et auteur Wladyslaw Znorko, a créé le 15 novembre à Marseille son quatorzième spectacle depuis 1981. Voilà treize ans que cette troupe présente à un public toujours plus nombreux des créations où la parole est presque absente, mais qui doivent beaucoup à la littérature. Après Pons, Schulz, Hasek, Collodi et Alain-Fournier, le Cosmos Kolej voyage, avec "Ulysse à l'envers", en légendes irlandaises.
Olivier Schmitt, Le Monde, 1/12/1994

Les comédiens du Cosmos Kolej errent parmi les fumigènes, tirent d’improbables fardeaux, nagent dans des ondes virtuelles, laissent des cris, des mélodies, des réflexions percer le discours silencieuxoù la fermentation de la conscience et de l’inconscience provoque le mouvement de l’âme. Cette liberté s’appelle l’inspiration.
Jean-Philippe Mestre, Le Progrès, 01/12/1994

L'ÉTÉ FESTIVAL/AVIGNON
CHVEIK AU TERMINUS DU MONDE à Benoît-XII
Extrait : Une ligne sur le programme : " Ce spectacle est dédié à Cric, chien vagabond, et à celui qui lui glissait des biscuits " ; un prologue, diffusé dans la salle par un des ces haut-parleurs gris, coniques, qui ont déserté nos gares : " Veuillez excuser la mauvaise qualité du son et de l'image "... On n'entre pas dans le " théâtre " de Wladyslaw Znorko, auteur-metteur en scène français d'origine polonaise, comme dans tous les théâtres."
Olivier Schmitt, Le Monde, 13/07/1993

AVIGNON 93
"CHVEIK AU TERMINUS DU MONDE"
ZNORKO DE CRICOTAGE EN GOULASH
Extrait : Wladyslaw Znorko vient de Lyon, lui aussi, mais il est né plus au nord. De parents immigrés polonais, comme le souligne son pseudonyme. Un jour, il a trouvé la ville sur sa route et y a planté sa tente. Il voyage dans l'âme slave, aux frontières des cultures, sans vouloir choisir ni s'installer. Il parle avec la musique des langues, avec des images mystérieuses comme des souvenirs sur photo. Un train, la guerre, des blessés... Il a rencontré le brave soldat Chveik, et son auteur, Hasek _ un Pragois, encore, _ et a inventé " une fin possible au roman ".
Bernadette Bost, Le Monde, 8 juillet 1993

THÉATRE
Mémoires confondues
Une rêverie de Znorko où se mêlent Alain-Fournier et les fantômes familiers du Cosmos Kolej
UN GRAND MEAULNES au Théâtre des Célestins
Extrait : LYON de notre bureau régional Ce grand Meaulnes-là est d'abord invisible, présent comme un vide sombre, détouré, dans un portrait de groupe de soldats égarés qui attendent la canonnade au fond d'un bois bourbeux ; comme un silence où résonnent leurs interjections triviales de gamins s'efforçant de couvrir le bruit de leur peur. Il est là, parmi eux, repérable comme le fut le lieutenant Fournier parmi les hommes de sa section, le 22 septembre 1914, et pourtant déjà mort.
Bernadette Bost, Le Monde, 13/11/1992

ZNORKO ET LES RATS
Des récits d'Alexandre Grine et Alexandre Vialatte ont inspiré à Wladyslaw Znorko l'Attrapeur de rats. Le texte a disparu, il reste l'opéra d'images.
Extrait de l'article : La littérature, pour Wladyslaw Znorko, est une machine à réactiver les souvenirs. Surtout quand nul ne sait plus si les images ainsi ravivées ont été vécues ou seulement imaginées. Enfant, dans sa cité ouvrière du Nord, le petit Wlad se racontait des épopées empruntées aux souvenirs de guerre de son père. Une communauté d'exode se constituait, soeur des troupes polonaises à la recherche de la légion Anders : des soldats perdus qui, des mois durant, pataugeaient dans la neige ou se laissaient bringuebaler sur les tampons des trains, hallucinés de fatigue, "comme en suspens entre une origine...
Bernadette Bost, Le Monde, 20/12/89


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